Découvrez le résultat des 1000 premiers diagnostics énergétiques réalisés dans le cadre du programme Fabacéé.

À l’occasion d’une conférence organisée dans le cadre du Salon International de l’Agriculture 2026, nous avons dévoilé notre premier “Baromètre du bilan énergétique des fermes françaises” réalisé à partir de l’analyse des 1000 premiers diagnostics énergétiques réalisés parmis les 3000 exploitations agricoles intégrées au programme.
Ces données nous ont permis d’analyser les consommations d’énergies directes et indirectes des exploitations agricoles, ainsi que les leviers d’économies activables à l’échelle des exploitations. Un focus particulier a été réalisé sur les exploitations en bovins lait, grandes cultures et viticulture, fortement représentées dans ce premier échantillon.
Quels sont les principaux enseignements de cette étude ? Quel est le coût énergétique moyen d’une ferme française en 2026 ? Quels postes se révèlent les plus énergivores ? Et surtout, quels leviers d’optimisation peuvent être activés ? Des éléments de réponse dans cet article.
Premier enseignement de cette analyse : les fermes consomment en moyenne 331 420 kWh chaque année. Ce chiffre est équivalent à la consommation annuelle d’environ 70 foyers français. Rapportée en euros, cela représente une dépense moyenne de 38 000 euros par exploitation et par an, soit environ 20 % de son chiffre d'affaires moyen.
Pour ce qui concerne les énergies directes, qui représentent 51% de la consommation globale des fermes, on retrouve aux premiers postes de consommation le GNR (Gazole Non Routier) et l’électricité. Les énergies indirectes, qui constituent 49% des consommations énergétiques d’une exploitation, sont principalement liées à l’utilisation d’engrais et à l’alimentation du bétail.
Ces informations révèlent la forte dépendance énergétique des fermes françaises notamment aux produits pétroliers et aux énergies fossiles. La situation devient d’autant plus préoccupante face à la volatilité des coûts de ces énergies fortement soumise au contexte géopolitique.
Pour ce premier bilan énergétique réalisé sur 1000 fermes françaises, on constate tout de même une disparité des résultats selon les systèmes de production. Ici, on vous propose un zoom sur trois types de productions : grandes cultures, bovins lait et viticulture.
Avec 780 000 kWh consommés par exploitation et par an, les fermes en grandes cultures apparaissent de loin comme les plus énergivores. Elles consomment deux fois plus que les élevages bovins laitiers. 780 000 kWh, c’est l’équivalent de l'énergie nécessaire pour alimenter 350 habitants pendant un an, ou 30 000 trajets Lille-Marseille en voiture électrique.
Ici, les dépenses énergétiques sont dominées par les engrais, qui représentent 50% de la part totale des consommations, pour une dépense moyenne de 15 000 €/ferme, suivis par le GNR (23%), avec une facture annuelle de 14 000€.
Alors, comment agir sur ces postes de dépense ? Nous avons établi un plan d’action d’économies d’énergies type, représentant les leviers majoritairement choisis par les groupes d’agriculteurs du programme. En moyenne, les potentiels gains d’énergies s’élèvent à 15% pour les exploitations en grandes cultures. Pour atteindre cet objectif, les actions prévues ciblent l’optimisation de l’usage du GNR (50% des gains prévus par le plan d’action), et des engrais (39%). Parmi les leviers les plus sélectionnés par les agriculteurs on retrouve les leviers suivants : réduction du travail du sol, passage au BEM et formation écoconduite, pilotage de la fertilisation azotée (OAD, INN, GPS), choix des formes d'engrais (substitution de l'urée par l'ammonitrate pour limiter les pertes par volatilisation), introduction de couverts végétaux…
Une exploitation en bovins-lait consomme en moyenne 350 000 kWh par an, soit 1 163 kWh pour 1000 L de lait produits. Cela représente une dépense annuelle estimée à 38 500 € en moyenne par ferme¹.
L’analyse fait ressortir que le GNR est le poste de consommation le plus important dans ce type d’exploitation (34% des consommations), suivis par l’alimentation du bétail (29%) et par les engrais (17%).
En moyenne, leurs plans d’action permettrait 11% d’économies d’énergies à l’échelle d’une exploitation agricole en bovins-lait, soit 38 500 kWh par ferme ce qui correspond à une économie financière de 92 €/ha. Une grande partie des groupes d’exploitations en bovin-lait bénéficiaires du programme Fabacéé a choisi d’agir sur l’usage du GNR, notamment grâce au passage au Banc d’Essai Moteur du matériel agricole et à la formation écoconduite. Parmi les autres leviers d’actions les plus sélectionnés, on retrouve des leviers liés à la réduction des engrais (pilotage de la fertilisation, pratiques d'épandage…) ou à la consommation électrique du bloc traite (chauffe-eau solaire, récupérateur de chaleur, pré-refroidisseur de tank à lait).
Une exploitation viticole consomme en moyenne 90 000 kWh par an, soit 90 kWh par hectolitre produit et 3 855 kWh par hectare².
Le GNR représente 37% des consommations et un coût moyen annuel de 4000€ par ferme. Cette consommation est particulièrement liée au travail du sol, pulvérisations, épamprage… Les engrais occupent 33%, pour une facture annuelle moyenne de 500€. Les autres intrants (phytos, emballages, plastiques, verres pour les caves particulières) pèsent 26% dans ce total et constituent le poste le plus coûteux, avec 16 000 € par an.
Le plan d'actions moyen établi par les agriculteurs permet d'atteindre 11% d'économies, soit 10 000 KWh par ferme et 75 €/ha. Les gains sont très majoritairement concentrés sur le GNR (74% des économies), et sur les engrais (26%).

Au total, l’ensemble des leviers identifiés permettraient aux exploitations de réduire de plus de 10 % leur consommation énergétique globale, directe comme indirecte. Il est également intéressant de constater que cet objectif d’économie est aussi possible sur des fermes embarquées dans le programme déjà avancées sur les sujets énergétiques.
Ces 1000 premiers plans d’action d’économie d’énergie vont permettre d’économiser 0,32 TWhc, soit l’équivalent de 5% de la production d’un réacteur nucléaire en France. C’est 25% de l’objectif total d’économies d’énergies d’ici à fin 2027 du programme.
Pour revoir intégralement cette conférence, retrouvez ici le replay :
¹ À noter que sur l’échantillon observé, une grande partie de ces élevages sont en agriculture biologique (281 exploitations sont en AB sur les 392 exploitations analysées).
² À savoir : la plupart des agriculteurs de cet échantillon sont en coopérative, ils n’ont donc pas de vinification et de chai sur leur exploitation.

